Sources:
http://www.teologiaspirituale.it ON Y TRAITE DE LA MANIÈRE DONT L'ÂME POURRA SE DISPOSER POUR ARRIVER PROMPTEMENT À SON UNION AVEC DIEU. ON Y DONNE DES AVIS ET DES ENSEIGNEMENTS TRÈS UTILES À CEUX QUI COMMENCENT AUSSI BIEN QU'À CEUX QUI ONT DÉJÀ RÉALISÉ BEAUCOUP DE PROGRÈS, AFIN QU'ILS SACHENT SE DÉBARRASSER DE TOUT CE QUI N'EST PAS SPIRITUEL, NE POINT S'EMBARRASSER DE CE QUI EST SPIRITUEL ET DEMEURER DANS CETTE PROFONDE NUDITÉ ET LIBERTÉ D'ESPRIT QUE REQUIERT L'UNION DIVINE. SOMMAIRE Toute la doctrine qui sera exposée dans cette Montée du Carmel se trouve contenue dans les strophes suivantes. Celles-ci montrent comment on arrive jusqu'au sommet de la montagne, c'est-à-dire à l'état élevé de perfection que nous appelons ici l'union de l'âme avec Dieu. Comme elles doivent servir de fondement à ce que je vais dire, j'ai voulu les réunir ici afin que l'on comprenne et que l'on voie bien la substance du sujet que je vais traiter ainsi que l'exposé que j'en donnerai. Néanmoins, lorsque je les expliquerai, il conviendra de mettre encore la strophe elle-même dont il sera question, et chacun des vers dont elle se compose, selon que l'exigera le sujet ou l'exposé. STROPHES OÙ L'ÂME CHANTE L'HEUREUX SORT QU'ELLE A EU DE PASSER PAR LA NUIT OBSCURE DE LA FOI PURE ET SA PURIFICATION POUR ARRIVER À L'UNION DE L'AMOUR. I Par une nuit profonde, Étant pleine d'angoisse et enflammée d'amour, Oh! l'heureux sort! Je sortis sans être vue, Tandis que ma demeure était déjà en paix. II J'étais dans les ténèbres et en sûreté Quand je sortis déguisée par l'escalier secret, Oh! l'heureux sort! J'étais dans les ténèbres et en cachette, Tandis que ma demeure était déjà en paix. III Dans cette heureuse nuit, Je me tenais dans le secret, personne ne me voyait, Et je n'apercevais rien Pour me guider que la lumière Qui brûlait dans mon coeur. IV Elle me guidait Plus sûrement que la lumière du midi Au but où m'attendait Celui que j'aimais, Là où nul autre ne se voyait. V O nuit qui m'avez guidée! O nuit plus aimable que l'aurore! O nuit qui avez uni L'aimé avec sa bien-aimée Qui a été transformée en lui! VI Sur mon sein orné de fleurs, Que je gardais tout entier pour lui seul, Il resta endormi, Et moi je le caressais Et avec un éventail de cèdre je le rafraîchissais. VII Quand le souffle provenant du fort Soulevait déjà sa chevelure, De sa douce main Posée sur mon cou il me blessait, Et tous mes sens furent suspendus. VIII Je restai là et m'oubliai, Le visage penché sur le Bien-Aimé. Tout cessa pour moi, et je m'abandonnai à lui, Je lui confiai tous mes soucis Et m'oubliai au milieu des lis. PROLOGUE Si je devais expliquer et faire comprendre cette nuit obscure par laquelle passent les âmes pour arriver à la divine lumière, à l'union parfaite d'amour de Dieu, autant qu'elles le peuvent en cette vie, il faudrait une science plus éclairée que la mienne et une expérience plus grande. Elles sont si nombreuses et si profondes les ténèbres et les épreuves tant spirituelles que temporelles par lesquelles ont coutume de passer ces bienheureuses âmes pour pouvoir arriver à cet état de perfection, que ni la science humaine ne suffit pour le comprendre, ni l'expérience pour l'exposer. Je dis expérience pour l'exposer, car celui-là seul qui passe par cette voie pourra les connaître mais il sera impuissant à les exprimer. Aussi, pour dire quelque chose de cette nuit obscure, je ne me fierai ni à la science, ni à l'expérience, car l'une et l'autre peuvent faillir et induire en erreur. Mais, tout en n'omettant pas de m'en servir autant que possible, je m'aiderai en tout de la faveur divine, de la saint Écriture, au moins pour ce qu'il y a de plus important et de difficile à comprendre. En suivant sa lumière, nous ne pouvons nous tromper, puisque celui qui y parle est l'Esprit-Saint lui-même. Et s'il m'arrive de me tromper parce que je n'aurai pas bien compris ce qu'il dit là ou ailleurs, mon intention n'est pas de m'écarter du véritable enseignement et de la doctrine de notre sainte Mère l'Église catholique; d'avance je me conforme et me soumets sans réserve non seulement à sa manière de voir, mais encore à quiconque aura dans ces questions des lumières plus sûres que les miennes.
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